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LE CIRQUE, UNE HISTOIRE DE FAMILLE
Ce reportage raconte le quotidien du Lydia Circus, un petit cirque itinérant qui se produit dans les campagnes de France. A travers le quotidien des artistes, c’est l’envers du décor et un métier exigeant que l’on découvre. Cliquez pour lire la suite.

Depuis huit générations, le cirque de la famille Prin sillonne les routes de France et continue d'émerveiller le public. Ici, pas d'employé. Le Lydia Circus est une entreprise exclusivement familiale.  Sous l'autorité de Lucien Prin et de son épouse Lydia, on trouve leur cinq enfants: Francky, Yohan, Manuella, Cendy et Angy. Francky et Manuella vivent avec leur femme et mari respectifs et leurs jeunes enfants. Trois générations se côtoient donc sous ce même chapiteau.

Pour assurer chaque jour une heure trente de spectacle, personne n'est de trop dans cette troupe familiale d'une quinzaine de membres.  Chacun doit contribuer activement à la vie du cirque. Les journées de travail sont longues et chargées: dès 7h du matin, le Lydia Circus quitte le lieu de la représentation de la veille pour rejoindre une nouvelle ville et y installer le chapiteau. La famille ne pourra se reposer que vers 22h, une fois la séance terminée et le chapiteau démonté. 

Tous le reconnaissent, la vie du cirque est pénible et parfois harassante. En tournée, les Prins ne s'accordent que très rarement un jour de repos. Ils s'autorisent deux semaines de vacances en hiver, tout au plus. Il faut avoir vu le jour dans le cirque pour en supporter le mode de vie. Comme le souligne Lucien: "on est né ici, on meurt ici".

© Julien Faure -Tous droits réservés. 

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LA LIGNE VERTE - NICOSIE, UNE CAPITALE DIVISEE DANS L'UNION EUROPEENE.
A mesure que l’on marche vers le centre de la capitale, les ruelles deviennent plus étroites et plus désertes encore. Et puis soudain, au bout de la rue, un empilement de barils bleus et blancs bloque le passage. Cliquez pour lire la suite.

Plus loin, ce sont les militaires Chypriote-grecs qui font barrage. L’accès à la partie occupée de la ville au nord ne peut se faire que par le point de passage de la rue Ledra dans le vieux Nicosie. C’est la dernière capitale divisée d’Europe.

Après le coup d’Etat de 1974 par la dictature des colonels de la Grèce voisine et l’invasion par la Turquie, l’île se retrouve coupée en deux. Au nord, l’armée turque prend possession du territoire. Les Chypriotes grecs fuient vers le sud, et les Chypriotes turcs de l’île se réfugient dans la partie nord. En quelques jours, Chypre est divisée politiquement et ethniquement.

La « Ligne verte » correspond à la zone tampon qui divise Chypre. L’ONU est chargée du maintien de la paix et s’assure que chaque camp reste derrière sa ligne de cessez-le-feu respective. La Ligne passe à travers la vielle ville de Nicosie et la coupe en deux.

Dès lors, les deux communautés n’ont plus aucun contact. La ligne reste hermétique pendant près de trente ans. Au nord, la Turquie crée la République turque de Chypre du Nord : un Etat fantoche ignoré par la communauté internationale. La partie occupée du vieux Nicosie est majoritairement habitée par des populations d’origine turque. Ankara les a fait venir par vagues massives afin de renforcer le poids démographique de la zone qu’elle occupe.

Lorsque les premiers points de passage ouvrent en 2004, les Chypriotes grecs sont stupéfaits de ce qu’ils découvrent dans la partie occupée de Nicosie. Tandis que Chypre (membre de l'UE depuis 2004) a connu un développement spectaculaire après la guerre, la partie occupée a stagné économiquement du fait de son isolement international. L’atmosphère y est sensiblement plus lourde que du coté chypriote grec où le niveau de vie est bien supérieur. Les fenêtres se ferment à la vue de l’appareil photo et les visages se crispent. Très peu de Chypriotes turcs résident encore dans le centre.

Entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs, les relations sont complexes. La peur de l’autre et les rancœurs de la guerre sont encore palpables. Les langues se délient difficilement. Avec la colonisation des populations turques, les Chypriotes turcs ont aussi le sentiment d’être des étrangers dans leur propre pays. Depuis 1974, Nicosie est une ville à deux vitesses. Et l’espoir d’une réconciliation s’éloigne de jour en jour pour les Chypriotes. Aux frontières de l’Union Européenne, portrait d’une capitale coupée en deux.

© Julien Faure -Tous droits réservés.

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«LA RUE C’EST PAS BON, ETE COMME HIVER»
Au plus fort des vacances scolaires, reportage ŕ Lyon, dans l’une des rares associations d’aide aux sans-abris qui garde ses portes ouvertes pendant l’été. Cliquez pour lire la suite.

Assis à une table d’un accueil de jour mis en place par le Foyer Notre-Dame des  Sans-Abris (FNDSA), en plein cœur de Lyon, Jean-Claude paraît préoccupé.  Le regard presque vide, le nez encore tuméfié d’une rixe de la veille, ce quinquagénaire à la rue depuis plusieurs années déjà n’en finit pas de maudire ses compagnons d’infortune qui lui ont volé ses affaires pendant son sommeil, dans un squat situé juste à côté. «J’aimerais bien dormir dans un foyer mais il n’y a plus de place», se résout-il. 

Les places en centre d’hébergement d’urgence se font rares à cette période de l’année. En été, nombre d’associations d’aide aux sans-abris ferment leurs portes, faute de bénévoles. Quant à celles qui assurent l’intérim, elles affichent complet. C’est le cas du FNDSA, qui se voit obligé de refuser des demandes. «Hier, le 115 – le SAMU social – de Lyon a du éconduire 140 personnes, déplore son président, Benoit Viannay. En décembre, celles-ci auraient toutes trouvé un toit pour la nuit».

Dormir dans la rue un 15 août plutôt qu’un 24 décembre n’est en effet guère plus agréable, semblent dire les associations d’aide aux personnes sans-abris. Les problèmes restent les même : violences liées à l’alcool, risques de déshydratation, conditions sanitaires déplorables et maladies infectieuses sont le lot quotidien de ces personnes en situation de très grand isolement. L’image d’Epinal du SDF allongé sur un banc, dormant à la belle étoile par un chaude nuit d’été a vécue.

Birgit Joncheray, responsable des actions sociales pour le FNDSA, ne dit pas autre chose lorsqu’elle explique que l’arrivée des beaux jours coïncide souvent avec la venue de parasites dans les centres d’accueil. «Chaque année c’est la même chose, explique-t-elle. On doit traiter les hommes et les bâtiments pour lutter contre la prolifération de poux et d’autres insectes». La vision de Jean-Claude, qui ne peut s’empêcher de se gratter à cause des acariens responsables de la gale qu’il a contracté dans la rue, favorisée par un mois de juillet frais et humide, est là pour le rappeler.

Dans la rue, l’espérance de vie d’un SDF n’excède pas les 49 ans. «Beaucoup de décès interviennent au début de l’été et de l’hiver, poursuit Birgit Joncheray. Les organismes des personnes sans-abris se fragilisent souvent pendant les intersaisons et certains d’entre eux lâchent prise dès le début des mois de juillet et décembre». A la différence près qu’un SDF mort un 14 juillet fait plus rarement la une des quotidiens nationaux. «On n’intéresse les journaux que quand on est mort. De froid, de préférence», confirme Roger, figure locale du FNDSA.

Un constat d’échec que vient corroborer Christophe Louis, président du collectif «Les morts de la rue», pour qui «un SDF meurt aussi bien en été qu’en hiver. Seuls 10 à 15% des décès constatés sont dus au froid», rappelle-t-il d’ailleurs. En 2010, environ 60 sans-abris sont ainsi morts pendant les mois de juillet et août, soit à peine moins qu’en janvier ou février 2011.

Une manière aussi de rappeler que le toit et le chauffage ne suffisent pas toujours aux personnes isolées. A en croire Camille Bouvier, responsable adjointe d’un accueil de jour dans la cite des Gones, les «passagers», «amis» ou «compagnons», c’est selon, ont surtout besoin de garder un lien social avec une structure pérenne. «La semaine dernière, une machine à laver que nous mettons à leur disposition est tombée en panne deux jours, raconte cette jeune assistante sociale. C’était la panique totale. Imaginez alors si nous prenons des vacances pendant deux mois».

Juste à côté, Jean-Claude, rongé par la gale et l’angoisse de devoir à nouveau dormir dehors, résume la situation. «Faut pas chercher à comprendre, lance-t-il. La rue c’est pas bon. Eté comme hiver».

Texte de Jérémie Lanche.
© Photos Julien Faure -Tous droits réservés. 

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